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  Du nettoyage du spad en hiver


(/11/2000)

<REP|SITE/2000/Nettoyer>

En ces temps hivernaux, nous sommes nombreux à nous apercevoir que notre sacro-sainte (et ô combien chère) monture souffre le martyre, souvent bien plus que nous.

C’est pourquoi il ne me parait pas inutile de décrire en détail les opérations nécessaires au nettoyage complet du spad, au retour d’une sortie boueuse et éprouvante.

Eprouvante non seulement pour le pilote (qui lui, pourra aller se reposer après une bonne douche), mais aussi pour sa monture (qui ne pourra pas faire de même toute seule, malheureusement :o)

Ayant la réputation reconnue sur la Liste (et non usurpée je crois :o) d’un maniaque de l’entretien mécanique, je vais donc vous décrire le nettoyage du spad tel que je le pratique au retour d’une sortie.

1 - La chaîne

La première chose, urgentissime, est de rincer la bête à l’eau seule, et en particulier la chaîne. Celle-ci, en effet, est une pièce d’usure, qui s’use donc et se débarrasse en cours de sortie de la couche de lubrifiant que vous lui aurez amoureusement fournie la veille de la sortie, en même temps que d’une fine couche superficielle de métal (d’où son usure). En résulte que du métal neuf, nu et sans aucune protection se retrouve exposé à l’eau. Conséquence : si vous ne nettoyez pas très rapidement votre chaîne, les maillons vont se mettre à rouiller, et les traces de rouille mettront beaucoup de mauvaise volonté et demandera moult coups de brosse métallique pour disparaître.

J’ai d’ailleurs remarqué que les chaînes Shimano, même haut de gamme (XT, CN-IG90), sont nettement plus sensibles à la rouille que les Sachs (PC61, PC91, 99), soit dit en passant.

J’ai la chance d’avoir une vélo muni d’une chaîne Sachs avec maillon rapide, ce qui permet de la démonter en 3 secondes, la rince à l’eau et la brosse dans un évier, puis de la suspendre dans l’atelier, où je la sèche au chiffon avant de la bombarder de WD40, dégrippant hydrofuge qui la protégera de la rouille pour longtemps.

Un petit truc : les maillons rapides Sachs Powerlink peuvent très bien s’utiliser sur chaîne Shimano 8V moyenne et haut de gamme, ça peut être utile ?

La chaîne étant hors de danger, je peux me concentrer sur le spad.

2 - Les pneus

Je viens de le rincer au jet (et pas au Kärcher !), une bonne partie de la boue, réhumidifiée, est donc partie. Je lui en remets un petit coup, en insistant sur les pneus, dont les crampons sont généreusement bourrés, jusqu’à ce qu’ils soient nets.

Il peut être utile, si la boue colle vraiment (argile, comme chez moi) de s’aider d’une brosse à poils durs (brosse à laver en chiendent par exemple). J’ai en effet horreur de nettoyer mon spad en laissant les pneus bourrés de boue, ça fait pas net :o)

3 - Le cadre et la fourche

Un autre bon coup de jet, donc, et j’obtiens un spad débarrassé de sa boue. Par contre, il restera des traces de boue sur la peinture, qui ne sont pas parties avec un simple coup de jet. Certains s’arrêteront là (il est vrai que ça peut suffire, dans un sens), pas moi.

A ce stade, j’utilise une brosse souple à laver pour auto, qui se monte au bout du tuyau d’arrosage et peut se dévisser en 2 parties pour y insérer un bâtonnet de shampoing (biodégradable, je précise :o). Tout ça se trouve en supermarché pour vraiment pas cher, et peut aussi accessoirement servir pour ?la voiture :o)

Avec le jet ainsi équipé de la brosse avec savon, je lave donc le spad dans son intégralité, en essayant de passer la brosse savonneuse jusque dans le moindre recoin (et sur un SuperV, y’en a, des recoins), de façon à supprimer toutes ces traces terreuses de la peinture. On peut également s’aider d’un goupillon pour biberon, d’une vieille brosse à dents, etc.

J’ai déjà tenté l’expérience de laisser le spad comme ça, avec les traces : ce n’est pas trop visible quand il est encore mouillé, mais dès que c’est sec, les traces qui restent sont loin d’être esthétiques sur la peinture. Je préfère donc passer un petit coup de savonnage, ça aidera pour la suite.

Dans tous les cas, on évitera soigneusement toute projection directe d’eau dans l’axe des roulements (moyeux, boite de pédalier, jeu de direction, galets de dérailleur) si on veut éviter de les remplacer trop souvent. Même pour des roulements dits "étanches", ce n’est pas recommandé, loin de là. Graisse et eau ne font pas longtemps bon ménage.

4 - Les roues, la transmission et les freins

Après avoir nettoyé le cadre, je passe aux éléments mécaniques proprement dits : roues (moyeux, jantes et rayons), transmission (du moins ce qui reste : cassette et pédalier) et freins (étriers et patins).

Je nettoie aussi tout cela à la brosse souple et au savon, de façon à éliminer les traces de cambouis qui restent sur les plateaux, la cassette, et les traces noires sur les patins de frein et sur les jantes (mélange de poudre de gomme, d’alu et de terre).

Pour les plateaux et la cassette, j’obtiens un bon nettoyage en faisant tourner ces organes dans les poils de la brosse, avec l’action du savon et du jet d’eau. je fais de même pour les jantes, ce qui nettoie aussi bien les flancs que l’alésage. Un dernier petit coup de brosse sur les rayons et c’est fini pour cette partie.

5 - Le rinçage et le séchage

Pour ma part, comme l’eau du réseau est chez moi particulièrement calcaire, je passais jusqu’il y a peu de temps tout le spad à la peau de chamois (pas par gaieté de c ?ur particulière, mais parce que j’avais essayé, il y a longtemps, de laisser simplement sécher le spad après l’avoir rincé au jet. Le résultat avait été catastrophique : des traces blanches partout, très difficiles à enlever).

Maintenant, j’utilise une autre méthode nettement plus rapide : après le lavage, je rince avec un ou deux arrosoirs d’eau de pluie, que je récupère dans un bac, et qui ne laisse aucune trace.

Il n’y a plus qu’à faire rebondir 2 ou 3 fois le vélo sur ses roues pour l’égoutter correctement après l’avoir rincé, et à le laisser sécher. S’il fait trop humide, un coup de chiffon doux sur la peinture accélérera le séchage de l’ensemble.

6 - La finition

Une fois le spad rentré au garage et totalement séché, c’est à dire entre 1 heure et une nuit suivant le temps qu’il fait, quelques petites finitions :

Après les avoir démontées, je passe un bon coup de chiffon légèrement gras sur les jantes (vous inquiétez pas, on verra ça plus loin :o), les moyeux et les rayons, qui, de couleur foncée (Crosslinks), gardent quand même quelques traces de terre ou d’eau.

Puis je passe un coup de bombe silicone (produit style "brillant plastique auto" à 10 F la bombe en supermarché) sur toutes les surface peintes. Cette opération protège la peinture en évitant les rayures superficielles pendant la sortie suivante, et limite beaucoup l’adhérence de la boue. Par contre, éviter de pulvériser sur les patins de freins et sur les jantes. Le silicone, ça freine mal :o)

On continue par l’inspection des patins, et l’élimination des graviers et résidus noirs restant entre les pavés de gomme. Un petit coup de toile émeri sur les patins pourra ne pas être superflu pour les déglacer, s’ils ont été très sollicités lors de la dernière sortie. (Le glaçage est un durcissement de surface du caoutchouc dû à l’échauffement, qui a pour effet de diminuer l’efficacité du freinage tout en accentuant l’usure de la jante.)

Pour finir, je passe la surface de freinage des patins et des jantes à l’acétone, dans le but de débarrasser ces surfaces de tout résidu gras (je vous l’avais bien dit :o).

7 - Le graissage

On termine en remontant les roues et la chaîne, puis on passe à la dernière étape, celle de la lubrification. La chaîne aura été essuyée au chiffon sec avant d’être remontée, histoire de ne pas trop mélanger huile et WD40, légèrement incompatibles (le WD40 dissout les corps gras).

Pour ma part, j’utilise en cette saison 2 lubrifiants distincts, suivant les éléments à lubrifier : Pour la chaîne, une huile synthétique assez résistante (Finish Line Cross Country), qui garantit un film lubrifiant durable et résistant à l’eau, tout en se laissant nettoyer correctement en fin de sortie. Mais d’autres huiles, notamment téflonnées (DKT par exemple) peuvent aussi bien faire l’affaire.

Les galets de dérailleurs aussi, s’ils ne sont pas sur roulements étanches apparents (comme les Tacx), mais au contraire équipés de flasques (comme les Shimano et Sram d’origine), apprécieront de temps en temps d’être démontés, nettoyés et lubrifiés. En effet, le sable et les brins d’herbe apprécient particulièrement ce genre de recoins, et ce n’est pas toujours visible de l’extérieur. La lubrification se fait avec la même huile que pour la chaîne.

Pour tous les pivots (parallélogrammes de freins, articulations de dérailleurs, pivots d’amortisseur), un lubrifiant sec (Pedro’s IceWax, Finish Line Krytech), qui ne retient pas les impuretés après séchage, et ne permet donc pas la formation d’une pâte abrasive en conditions difficiles (boue, sable).

Il sera utile de déposer la tige de selle du cadre, et de lui appliquer une fine couche de graisse, qui évitera à la longue le grippage la tige dans le tube du cadre. tant qu’on y est, on pourra attendre quelques heures pour la remonter et en profiter pour retourner le spad, afin de vider l’eau qui se fait un malin plaisir de s’infiltrer dans le cadre, et pour stagner au niveau de la boîte de pédalier. Une petite astuce très efficace (d’origine sur les DKT, par ex.), est de percer un trou de diamètre 2 ou 3 mm au niveau le plus bas de la boîte de pédalier, de façon à évacuer automatiquement cette eau (à eviter quand même sur un cadre encore garanti).

Quant à la fourche à plongeurs (mais je ne suis plus concerné :o), il sera utile de nettoyer soigneusement l’intérieur des soufflets (si elle en est pourvue), et d’huiler les plongeurs avec une huile téflonnée, ou encore un lubrifiant sec comme pour les pivots. Le mieux, pour nettoyer les joints racleurs des fourreaux, est alors de la faire coulisser 2 ou 3 fois, puis d’essuyer le collier de saleté qu’on observera autour des plongeurs, avant de recommencer cette opération une ou 2 fois, jusqu’à ce que les plongeurs restent propres. On évite ainsi la pénétration d’impuretés à l’intérieur de la fourche, source de fuites d’air et/ou d’huile, et d’usure des bagues de guidage.

8 - Conclusion

Voilà, vous avez devant vous votre spad rutilant, qui semble sortir tout droit du magasin, alors qu’il y a à peine une heure il ressemblait à un tas de boue de couleur indéterminée :o)

Evidemment, cette méthode, décrite ici en version intégrale (ou intégriste ? :o), pourra être modulée en fonction de la saison, de l’état des chemins et de celui du spad à votre retour. C’est clair que si vous revenez d’une petite sortie sur route, un simple coup de jet suffira, voire même rien du tout ?mais souvenez-vous du prix de votre spad, et de celui des pièces détachées à l’heure actuelle, et vous y réfléchirez à deux fois ?

De plus, un bon nettoyage permet aussi, outre la satisfaction des yeux, de surveiller de près l’état général du matériel, de limiter son usure et de maintenir ses réglages.

C’est la seule solution pour conserver un spad silencieux, en parfait état de marche et d’une fiabilité exemplaire ?.histoire de ne pas rentrer à pied trop souvent :o)



Auteur - Doc’SKF




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