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  Test - le casque BiOS


(8/06/2005)

Dans sa dernière version, essayée pendant plus de 16 heures sur un week-end (lors d’un raid ardennais), le casque BiOS s’est avéré confortable, stable et très bien ventilé.
Mais pour arriver à ce résultat le chemin fut long et mouvementé !

Lisez l’intégralité de l’article pour voir comment VTTnet a participé à l’amélioration du confort de ce casque novateur...

NTCP et Bios

La société NTCP a été créée en 2000 par le neurochirurgien Catalin Obreja. Elle est basée à Saint-Quentin dans l’Aisne et spécialisée dans la fabrication de casques. Le premier modèle conçu et fabriqué en France et produit industriellement est le casque BiOS, destiné à une utilisation multisports comme le kayak, le roller, le vélo et plus particulièrement le vtt pour ce qui nous intéresse.

Le Docteur Obreja, après avoir soigner de nombreux traumatisés crâniens et découvert et décrit les phénomènes stéréostatiques liés à ces traumatismes, décide de s’attaquer aux causes plutôt que de tenter d’en réparer les conséquences.

Il s’intéresse alors à la conception des casques de protection (qu’ils soient destinés aux pratiques motos, vélos ou autres activités « casquées ») et constate que les modèles existants ne prennent pas en compte la complexité du crâne humain.

Après avoir en vain tenté de convaincre les fabricants d’améliorer la conception de leurs produits, il décide de créer lui-même les protections crâniennes adaptées.
Il s’est donc servi de ses connaissances et de son expérience neurologiques pour concevoir un modèle de casque le plus sécurisant possible. Une fois les prototypes réalisés, testés et validés et les premiers modèles produits, il fallait aussi recueillir les avis des sportifs à qui se destinait ce casque.

En mai 2004, le « doc » contacte alors Vttnet par l’intermédiaire du site et aussi la liste vtt afin de connaître les attentes des vététistes lorsqu’on leur parle casque, donc protection avant tout mais aussi look et confort.

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Concept BiOS

Deux mois plus tard, la société nous prête alors pour tests deux casques BiOS. Le Dhnet [1] de l’année étant prévu mi juillet, celui-ci sera une belle occasion de tester ces protections sans aller (on l’espère) jusqu’au crash-test !!

En attendant, une petite sortie matinale et dominicale permettra de se faire déjà une idée, Fab’ et moi seront les premiers testeurs.

Belle gueule et NF

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Casque BiOS

Côté look, le casque ressemble aux modèles de street/dirt qu’on peut trouver dans le commerce, ceux qu’on appelle souvent des « bols », le modèle bicolore dans sa version noir/gris en jette, plus que celui monocolore, un peu désavantagé par son bleu roi peut être (question de goût). Côté fabrication, le casque est travaillé à l’intérieur comme à l’extérieur et semble solide, il ne s’agit pas du collage de deux coques plastique/polystyrène comme il arrive de le voir sur certaines productions « bon marché ».

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Vue arrière

Bien évidemment, il est conforme aux normes françaises (NF EN 1078 et NF EN 1385 pour ceux que ça intéresse) mais va en plus au-delà des exigences de ces normes.

C’est parti pour 40 kms de sentiers…


Premières impressions, le casque se positionne et se porte bien sur la tête et, malgré l’atmosphère un peu lourde du jour, il ne tient pas chaud. C’est un bon point - les « bols » ont plutôt mauvaise réputation à cause de leur manque d’aération - et certainement dû au double effet Venturi mentionné dans les caractéristiques du casque. La tête reste donc bien au frais.

Par contre, on sent bien les appuis du casque sur le haut du front. Tellement bien d’ailleurs qu’après une grosse demi-heure ça devient difficilement supportable et le mal de crâne n’est pas loin, pourtant la taille du modèle essayé convient bien à mon tour de tête.

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Conception intérieure

Pour Fab’ c’est le même constat, peut-être même un peu plus douloureux vu qu’il a l’occiput un peu plus imposant -la grosse tête en quelque sorte ;)- surtout que le réglage du tour de tête est assez limité.
En fait, ce sont les mousses de positionnement qui sont en cause, celles-ci sont prévues pour résister à l’eau (elles ressemblent d’ailleurs à des morceaux de néoprène) mais leur densité est trop importante pour qu’elles jouent leurs rôles de filtre et d’amortisseur et que le casque soit confortable.

Premier essai pas vraiment concluant donc mais c’est un peu comme les chaussures, ça nécessite peut-être un temps d’adaptation de l’accessoire comme de l’utilisateur…

Second round

Une deuxième phase de test est programmée lors du Dhnet à l’Alpe d’Huez, le panel de testeurs potentiels n’en sera que plus important.

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l’Alpe d’Huez

Les premières impressions des participants sont forcément visuelles et concernent donc le look général et la qualité de fabrication. Le casque bicolore est là aussi apprécié tout comme la qualité globale du casque, on sent que l’accent a été mis sur ces points.
Puis vient l’essayage de chacun et la même constatation immédiate et presque unanime : « il est dur, inconfortable ». En plus, les quelques personnes prêtes à l’essayer se trouvent confrontées à la taille inadaptée (trop grande ou trop petite) des deux casques disponibles, même la plus grande taille s’avère trop juste pour certains (hmm, de là à penser que les vététistes du net ont le melon, y’a pas loin ;)

Aïe, il va être difficile de trouver des testeurs dans ces conditions !

Du coup, je m’y recolle, histoire de voir si ma première impression était la bonne ou pas. Mais j’appréhende un peu, il fait chaud, la descente ça secoue pas mal - surtout qu’on s’embarque pour le tracé de la Méga avec départ au glacier ! - et je n’ai pas d’aspirine ;)

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Bobo ma tête !

Après quelques kilomètres de shaker, la migraine me guette et je profite de chaque pause pour soulager mon front de la pression exercée par le casque !!

Il y a vraiment un (gros) problème de confort. Dommage car pour le reste rien à redire. Malgré les nombreuses secousses qui jalonnent la descente, le casque ne bouge pas et les aérations remplissent parfaitement leur rôle.

Heaume, sweet heaume

Après quelques échanges avec la société Bios, le Docteur Obreja nous fait parvenir d’autres mousses intérieures afin de résoudre l’inconfort permanent du casque.
Le premier modèle n’améliore que sensiblement la chose et ne fait donc que retarder les douleurs. Par contre, le suivant est le bon !

Un nouveau test sur une sortie de 4h se révèle concluant ; plus aucune sensation de gêne, plus de pression frontale, le bonheur !! D’autres sorties suivront avec la même conclusion.

Aujourd’hui, il n’y a aucun problème pour porter ce casque sur des randos de plusieurs heures. Dernière expérience en date en mai, pendant le raid Yeti où j’ai été casqué plus de 10h sur une journée sans soucis et, vu ce qu’il tombait, avec l’avantage de garder la tête au sec et un peu plus au chaud qu’avec un modèle XC (merci les petites aérations !).

Avis

Comme quoi le confort tient à peu de chose. Et comme quoi aussi, une petite remise en question et une écoute attentive de ses clients peut permettre d’améliorer un produit. La société NTCP a su être réceptive et continue encore aujourd’hui à faire évoluer son casque.

Les tailles disponibles ne convenant pas à toutes les têtes, il est maintenant possible d’acheter un Bios sur-mesure en précisant son tour de tête lors de l’achat (option BiOS Fix) ce qui améliore encore la tenue du casque sur la tête.

Le BiOS reste, c’est vrai, cher pour un « casque-bol » (de 79 à 149€) mais tout est relatif, d’autres marques le sont aussi (le prix moyen d’un casque de dirt est d’environ 40€, celui d’un casque « XC » de 100€). Après, tout dépend de la valeur à laquelle on estime sa tête même si le vrai crash-test (crash-tête plutôt !) pour démontrer les qualités du casque n’a pas encore été fait. Avis aux amateurs… ;)
Pour finir, si vous cherchez un casque à la fois confortable, sécurisant et aussi avec un look sortant de l’ordinaire, essayez un BiOS et vous serez probablement convaincu.

Cette année la société travaille sur un modèle de casque moto qu’elle espère finaliser pour début 2006.

Avantages
- technicité du casques et engagements de son « géniteur »
- option sur mesure
- coloris
- finition
- ventilation
- poids
- maintien
- look
- multisport
- made in France (argument franco-français !)

Inconvénients
- prix (mais à relativiser)
- tailles standards disponibles (hors sur mesure)

Liens
- société NTCP (BiOS-pro) : infos, liste des revendeurs et achat en ligne

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Casque BiOS - Dossier presse


Auteur - Steph’




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