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  Du XC au BMX


(5/01/2006)

Dans la série "on a testé pour vous" cet épisode s’intitule

"un crosseux au bikepark".<PHOTO|81452178|Small|right>

Il n’y a pas si longtemps mon VTT était de pur XC (cross country), et que je ne jurais que par les
raids marathons. Mais le temps faisant son œuvre, j’ai été tenté par d’autres approches du VTT. On
commence par sauter de petites bosses puis on se retrouve sur un vélo de descente qu’on n’y a vu
que du feu !

Ayant fait toute une saison de dual, de descente et de dirt (saut), mes petits camarades de jeux m’ont
donc proposés de passer l’hiver au chaud dans des skate parks. Quesaco ? Skate quoi ?

Un skate park est un lieu où se retrouvent les skateurs (patins à roulettes et skate boards) pour s’amuser à
passer des figures sur des modules (rampe, quarter, half pipe, ...). Si les VTT ne sont
généralement pas tolérés, les BMX arrivent à faire bon ménage et la topologie des tremplins est
plus adaptée à leur géométrie (20 pouces et empattement très court).

Le BMX permet aussi, par sa vivacité (on pourrait parler de sur-maniabilité), de passer des figures
qui sont beaucoup plus difficiles à VTT. De la sorte, il est possible de progresser dans une
discipline par le biais de l’autre. <PHOTO|81452179|Small|left>

Pour les personnes qui connaissent le monde du deux roues par l’entremise du VTT (comme moi), BMX
est souvent synonyme d’antichambre au dual, 4X ou descente. Mais il ne faut pas trop s’y tromper,
le BMX est un univers à part entière et n’est pas réservé aux gamins et seuls ados attardés (je
fais partie de la catégorie master quand même). Le BMX est antérieur aux disciplines alternatives
du VTT (dirt, free-ride) et s’il n’est pas particulièrement structuré (sauf en race) c’est surtout
en raison de son aspect "underground" que ses pratiquants aiment à maintenir.

Sur ces considérations, il me fallait m’équiper. Mais débarquer dans le monde du BMX en venant du
VTT, c’est un peu comme vouloir faire du parapente avec une formation de véliplanchiste. J’ai donc
pris un maximum de renseignements.

Il faut d’abord savoir qu’il existe quatre sortes de BMX : le dirt (saut), le park (ou free-style),
le flat land (figures au sol) et le race (7 de front sur une piste).

Le matos de race est léger et long (pour la stabilité),
celui de flat à une géométrie toute particulière (ne rentrons pas dans les détails). Le dirt et le park ne se distinguent que par un
tube supérieur en 20.5 ou 20 pouces et la présence ou non de frein avant. Les cadres sont en acier
avec une préférence pour le CroMo face au HiTen. Ici, on cherche avant tout la solidité et la fiabilité.

Question périphériques, les freins sont de type
u-brake (vous savez, comme les tout premiers vtt), il faut privilégier les roulements scellés et
les pédaliers trois pièces (comme en VTT). Cerise sur le gâteau, le moyeu arrière à cassette (comme
en VTT, décidément) qui permet de placer un tout petit pignon lui-même permettant d’avoir un tout
petit plateau qui n’accroche pas les arrêtes vives des modules. Les pegs (excroissances au niveau des moyeux) et le rotor (guidage du frein arrière au niveau de la colonne de direction permettant de faire tourner le cadre de 360°) ne sont à conseillers que pour les confirmés.

Il est surprenant de constater que le marché du BMX aime à rester un rien à part du vélo classique.
Il se rapproche quasiment plus du skate. Une affaire de culture sans doute. Ainsi les BMXeurs ont
"leurs" magasins et "leurs" marques qui ne distribuent pas nécessairement des VTT. C’est ainsi
qu’en 10 ans de VTT je n’avais jamais entendu parlé de We the People, Fly Bike, DragonFly, RedLine ou
Twenty.

<PHOTO|81452176|Small|right>
Après une brève étude du marché, j’opte pour un BMX de park de marque DragonFly modèle Moto. La
semaine étant pourrie point de vue météo, je ne parviens même pas à le sortir dans ma cour pour
monter dessus et le vestibule de l’entrée est très très... exigu, même pour un 20 pouces.

Premiers tours de roue

Je ne suis jamais, ô grand jamais, monté sur ce type de machine et même à l’arrêt dans l’entrée de la
maison, c’est vachement casse-gueule tellement la position est ramassée, le nez au dessus de la
roue avant et cette direction extrêmement vive. Et encore ce n’est rien comparé à la rigidité de la
fourche. Ce n’est pas un "bout de bois" c’est pire ! Normale c’est du bon vieil acier chromo. Tout
cela pour dire que rien que pédaler sur ce genre d’engin tient du réapprentissage de la bicyclette.

Enfin une éclaircie arrive et je sorts faire prendre l’air au joujou qui trépigne d’impatience.
Direction le parc. Nooon, pas le bike park, le parc à canards juste à coté de chez moi : un étang,
un peu d’herbe et un chemin en cendrée. Je roule accompagné de mes enfants en essayant de ne pas me
mettre les genoux dans le guidon. Timidement, quelques bunny rentrent. Mais 14kg à soulever sans
fourche ce n’est pas une mince affaire. En plus, on sent le moindre gravillon avec ces pneus
gonflées à 5kg (c’est sans doute cela qui le rend si lourd malgré sa taille riquiqui).

Cela se passe relativement bien jusqu’au moment ou, pensant avoir apprivoisé quelque peu la bête,
celle-ci se rebiffe, reprenant toute sa liberté sauvage en me filant un grand coup de pédale dans
la rotule. Un des ses kick back d’anthologie qui m’explose le genou. Cela ne saigne pas trop vu que
les picots sont élimés mais par contre, qu’est ce que c’est douloureux ! Retour à la maison tête
basse.

Quelques couches de pommade plus tard, je reprends courage et me dirige vers le bowl de Cointe. Il fait gris, brumeux, un match de foot a lieu
sur le terrain d’à coté. Bref le temps typique pour une bonne déprime. Mais non que diable, Linkin
Park à fond dans la voiture et, pendant que j’enfile les protec, je sens sur moi le regard amusé du
BMX qui affûte déjà ses crocs. On m’avait prévenu, monter sur ce genre d’engin, c’est recommencer
le vélo a zéro. Et c’est de zéro que je repars. Je réapprends à monter la rampe, à en descendre, à
rentrer dans le snake run, à sauter les spines (timidement puis en envoyant du table top ou du look
down). Sortir du bowl par contre n’est pas rien, en vtt vous tirez et la fourche amorti lorsque
vous arrivez à plat. En BMX, pas question, et je l’apprends a mes dépends lors de ma première
tentative. Je suis trop long rate la réception et bardaf, c’est l’embardée. Le guidon part en avant
accompagné de votre serviteur ! Quelques jurons et quatre coups de clef alen plus tard, je
recommence en bridant la fougue de l’engin et cela passe. Mais ca reste chaud pour une si petite
difficulté.<PHOTO|81452182|Small|left>

Les choses sérieuses

Dimanche enfin, je me laisse entraîner par une bande de furieux au skate park. Et pas n’importe
quel skate park, celui de Sint Niklaas, l’un des plus gros de Belgique. L’arrivée dans la salle est
un grand moment de solitude pour moi : je regarde les petits modules pour skateurs, remplis de
"machins" métalliques pour "grinder", ouch ca a l’air de vouloir faire mal rien qu’en y posant les
yeux ! Puis mon regard s’élève au niveau des premières rampes et half pipe, déjà du balèze, bien
plus gros que ce que j’ai déjà pu voir. Mon regard monte encore pour tomber sur la seconde série de
rampes, plus hautes, plus grandes, plus dangereuses et ce n’est qu’à la troisième observation que
je m’aperçois qu’il y en a encore une série complètement hallucinantes dont les sommets me donne le
vertige rien qu’en les observant d’en bas ! Il faut que je me maîtrise pour ne pas crier "au fou !"
en sortant de la salle à toute jambe.

Pendant que mes collègues se dirigent promptement vers le bac à mousse, j’erre, hagard, entre les
modules, me demandant sur quoi je vais bien pouvoir monter. Mais la crise d’angoisse s’estompe peu
à peu et je reprends mes esprits, ou plutôt je les perds pour entamer quelques tentatives sur les
plus petites des petites rampes. J’y apprends à faire demi tour, les roues bien plantée sur le
parquet au début, puis elles commencent à décoller, je resserre le demi tour, montant toujours plus
haut, chassant l’arrière pour mettre le vélo en direction de la pente jusqu’à ce que j’ai
suffisamment d’élan et d’inconscience pour monter en haut du module, sur la petite passerelle
(copping).<PHOTO|81452175|Small|right>

C’est bien d’être monté, mais maintenant il faut descendre. Et quand on est à l’arrête à trois
mètres de haut face à une pente verticale sur une planche de salut de 30 cm de large, ben on a plus
du tout envie de redescendre. On se dit qu’on est pas si mal la haut, qu’on a un beau point de vue,
que ce serait dommage de se faire mal si jeune, en pleine vigueur. Mais bientôt, la faim, la soif
et le froid sont plus forts et je me lance tête la première dans la pente. Si le plateau à accroché
l’arrête, je suis quand même vivant !

Et la journée se passe à bondir de module en module, essayant toujours plus gros, plus haut, en
enchaînant, en essayant d’y mettre un peu de style...
<PHOTO|81452181|Small|left> C’est finalement l’éclate totale, je ne sens
presque plus la douleur de mes mollets, déchiquetés par les pédales, de ma hanche qui a tâté de la
chape en béton, de mon épaule qui a percuté une structure en bois, de mon poignet qui s’est
retourné sur une réception. Non, ce qui me fait le plus mal, c’est mon dos, courbaturé par la
position et mes cervicales torturées par le poids du casque bol. Mais c’est le plaisir qui
prédomine. Le plaisir de se sentir progresser, d’affronter ce qui faisait peur, de maîtriser ce qui
paraissait insurmontable, de se sentir surfer d’une rampe à l’autre, d’un saut à l’autre sans se
manger de la poussière à la moindre tentative.

Je suis et reste cependant qu’un insigne scarabée vis a vis de la moyenne des personnes présentes
dans la salle, qui envoient des tricks monstrueux sur des modules qui le sont tout autant. Mais là
aussi c’est un plaisir de les voir évoluer, tout en grâce et fluidité dans un ballet semi-aérien. Le BMX
n’est pas un sport, c’est un art. Même si cela reste quelque peu frustrant de ne pas savoir, de ne
pas pouvoir, de ne pas oser. Mais j’ai encore du temps pour cela et la prochaine fois, juré, je
m’attaque au 180 puis au 360 puis au foot plant, puis au passage de spines, ...

La journée de ce lundi va me paraître bien longue à grimacer au moindre geste et à boitiller dans
les couloirs. Mais putain, quel pied !<PHOTO|81452469|Small|right>

Alors le BMX bon pour le VTT ? Il est encore trop tôt pour que je réponde à cette question. Mais celà a deux roues, des pédales et un guidon et c’est l’éclate totale. Qu’importe le flacon pourvu qu’on ai l’ivresse !



Auteur - PAB
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